11 Jan CBD, cette plante qu’on croyait connaître : décryptage d’un trésor végétal
Quand on parle de CBD, on pense souvent à une huile bien-être, à des fleurs relaxantes ou à des gélules qui font du bien. Mais combien d’entre nous connaissent réellement la plante derrière le produit ? Pour comprendre le CBD en profondeur, il faut aller à la racine. Ou plutôt aux racines. Car ce n’est pas une, mais plusieurs plantes qui composent la grande famille du cannabis. Et parmi elles, le chanvre, cette cousine sage qu’on redécouvre enfin après des décennies de diabolisation.
Alors, prêt(e) à changer de regard sur cette plante mal comprise ? Allons voir de plus près ce que le CBD a vraiment dans le ventre – et dans ses feuilles, ses racines, ses fleurs…
Le chanvre : mère nourricière du CBD
Commençons par un peu de botanique. Le CBD, ou cannabidiol, est un composé qu’on retrouve dans le cannabis sativa, une espèce végétale qui regroupe aussi bien le chanvre industriel que le cannabis dit « récréatif » (riche en THC). La différence ? Elle ne tient pas à la plante elle-même, mais à son taux de THC. Le chanvre, en Europe et dans de nombreux pays, est défini par une teneur en THC inférieure à 0,3 %. Autrement dit, il ne fait pas « planer » — mais il soigne.
Le chanvre est la source légale du CBD. Et il ne se limite pas à ses effets thérapeutiques. C’est aussi une plante miracle utilisée depuis des millénaires, dans des domaines aussi variés que le textile, la cosmétique, l’alimentation ou même… la construction.
Une histoire ancienne, un avenir prometteur
Le chanvre n’a rien d’une mode passagère. Il a traversé les siècles et les continents, parfois chéri, parfois banni. Quelques repères étonnants :
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En 8000 av. J.-C., on utilisait déjà du tissu de chanvre en Mésopotamie.
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Des manuscrits bouddhistes imprimés sur papier à base de chanvre datent des IIe et IIIe siècles.
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En 1535, Henri VIII imposait la culture du chanvre pour approvisionner la marine britannique en toiles de voile.
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En 1938, le magazine Popular Mechanics proclamait le chanvre comme « la prochaine culture à un milliard de dollars ».
Et pourtant, peu après, la plante a été criminalisée. Pourquoi ? Les raisons sont floues, mais entre intérêts industriels, lobbying du papier et volonté politique de stigmatiser certains groupes sociaux, le chanvre a été mis au ban de la société. Heureusement, le vent tourne.
Une plante, cinq trésors
Le chanvre n’est pas qu’une fleur. Chaque partie de la plante a son rôle, son potentiel, sa magie. Voici un petit tour d’horizon de ce que le chanvre peut nous offrir :
1. Les graines
Véritables petites bombes nutritionnelles, les graines de chanvre regorgent de protéines, oméga-3, magnésium, vitamine B6 et E. Elles sont utilisées pour produire de l’huile, des compléments alimentaires ou encore du lait végétal. Et en plus, elles sont naturellement sans THC.
2. Les tiges
Riches en fibres, elles sont utilisées dans la fabrication de cordages, papiers, tissus, matériaux d’isolation ou litières pour animaux. Elles rappellent le bambou par leur solidité et leur croissance rapide. Un must pour la construction écologique.
3. Les racines
Moins connues, elles n’en sont pas moins puissantes. Les racines de chanvre ont un fort pouvoir de bioremédiation : elles absorbent les métaux lourds et détoxifient les sols. On commence aussi à les étudier pour leurs propriétés médicinales.
4. Les feuilles
Elles contiennent aussi des cannabinoïdes et terpènes, en moindre quantité que les fleurs, mais restent intéressantes pour des usages nutritionnels (jus, smoothies). Riches en fibres, elles sont parfois utilisées comme complément alimentaire.
5. Les fleurs
La star incontestée du CBD. C’est dans la fleur — ou le « bud » — que l’on trouve la plus forte concentration de CBD, terpènes, flavonoïdes et autres composés actifs. Elle peut être fumée, vaporisée, transformée en huile ou en résine. Contrairement aux idées reçues, certaines fleurs de chanvre CBD sont aujourd’hui plus prisées que leurs cousines riches en THC, tant pour leur finesse que pour leur potentiel bien-être.
Vers une culture du respect (et de la plante)
Pour bénéficier pleinement des bienfaits du CBD, il est essentiel de respecter la plante dans son intégrité. Cela signifie : un mode de culture propre, sans pesticides ni traitements chimiques, un extrait le plus proche possible de l’état naturel, et une intention claire quant à son utilisation. Les médecines traditionnelles parlent de « l’esprit de la plante ». Et si on écoutait un peu plus cet esprit, au lieu de le dompter ?
Loin d’être un simple ingrédient à la mode, le CBD est le fruit d’une plante complexe, généreuse et profondément enracinée dans l’histoire humaine. En apprenant à la connaître, à l’honorer, on dépasse la simple consommation. On entre dans une relation. Et c’est là que la véritable transformation commence.
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